Comment se compte un score en Kassai (OKS)
Piste de 99 mètres, cible pivotante, temps limite à la seconde près, bonus au centième : le fonctionnement réel du système de points Original Kassai.
Le système Kassai — l’Original Kassai System, ou OKS — est l’épreuve la plus répandue au monde en tir à l’arc à cheval, et l’une des plus déroutantes à comprendre de l’extérieur. Voici comment un score s’y construit réellement.
Le décor : 99 mètres et une cible qui suit le cavalier
L’épreuve se dispute sur une piste de 99 mètres. Une cible unique est placée à 9 mètres du milieu de la piste — et elle n’est pas fixe : elle pivote pour rester face au cavalier tout au long de son passage. Le cavalier la voit donc successivement de face, de côté, puis de dos.
Cette géométrie n’est pas décorative. Elle impose de tirer dans trois positions différentes : les premiers tirs se font de face, à 55 ou 60 mètres de la cible ; les derniers de dos, à distance équivalente une fois la cible dépassée. Entre les deux, tout est affaire de cadence.
Le temps : une limite à la seconde, un bonus au centième
C’est le cœur du système, et ce qui le rend si particulier. Le passage est limité à 19,99 secondes. Au-delà de 20 secondes, le passage est purement et simplement remis à zéro — peu importe le nombre de flèches plantées.
En deçà, le temps devient un allié : chaque centième de seconde gagné rapporte un bonus de 0,01 point. Un cheval trop lent perd des points, un cheval trop rapide ne laisse pas le temps de tirer. Les cavaliers visent une fenêtre étroite — un passage « idéal » se joue autour de 18,85 à 19,15 secondes, assez rapide pour engranger du bonus, assez maîtrisé pour placer ses flèches.
Pas de plafond, et une annonce préalable
Deux traits achèvent de distinguer l’OKS des formats fédéraux.
D’abord, il n’y a pas de score maximal. On ne cherche pas à atteindre un plafond théorique : on accumule, passage après passage, et l’on progresse toute sa vie. C’est cette absence de limite qui permet, dit-on dans le milieu, de comparer les scores des meilleurs archers sur trois décennies — les règles n’ayant pas bougé depuis plus de vingt-cinq ans.
Ensuite, avant de s’élancer, le cavalier annonce au jury le score qu’il vise. La performance se mesure aussi à la lucidité : promettre ce qu’on est capable de réaliser fait partie de l’exercice.
La conséquence : tout se joue au rechargement
Puisque le bonus récompense la vitesse et que la cible n’est visible qu’un temps limité, la seule façon de faire un gros score est d’envoyer beaucoup de flèches, très vite — de l’ordre d’une flèche par seconde chez les meilleurs. C’est pourquoi, en Kassai, la compétence décisive n’est pas la visée mais le rechargement, que nous détaillons dans un guide dédié.
Kassai n’est pas le seul système
L’OKS domine, mais il coexiste avec d’autres formats — coréen, polonais, et le règlement propre à la Fédération Française d’Équitation, qui mélange plusieurs traditions. Tous sont décrits dans notre guide des styles et formats d’épreuves.
Fonctionnement du système Original Kassai tel que documenté par l’école française de référence (Archerie Cheval Arc) et la World Federation of Equestrian Archery.