Les styles et les formats d'épreuves
Kassai, coréen, polonais, règlement FFE : ce qui distingue réellement les grandes écoles du tir à l'arc à cheval, piste par piste.
« Tir à l’arc à cheval » ne désigne pas une épreuve mais une famille de pratiques, issues de traditions différentes et jouées sur des pistes qui n’ont ni la même longueur, ni les mêmes cibles, ni la même façon de compter les points. Comprendre ces différences évite bien des malentendus quand on cherche un club.
Le style Kassai, ou l’école de la cadence
Le plus identifiable. Codifié par le Hongrois Lajos Kassai — la méthode est inscrite au patrimoine hongrois —, l’Original Kassai System se joue sur une piste d’environ 99 mètres, avec une cible unique placée à 9 mètres du milieu de la piste, montée sur un axe qui la fait pivoter pour rester face au cavalier.
Le cavalier tire autant de flèches qu’il le peut pendant le passage. Le temps limite est de 19,99 secondes : au-delà, le passage est annulé. En deçà, chaque centième de seconde économisé ajoute des points.
Deux conséquences pratiques. D’abord, il n’y a pas de plafond de score : on ne se compare pas à un maximum théorique, on se dépasse. Ensuite, les flèches sont tenues dans la main d’arc, pas tirées du carquois — c’est ce qui permet la cadence.
En France, le pôle de référence est l’École Cheval Arc, dans le Nord.
Le style coréen, ou l’école de la vitesse
Piste plus courte, autour de 60 mètres, avec cinq cibles alignées. Les flèches sont tirées du carquois une par une, en prise du pouce (thumb draw).
Techniquement moins complexe que le Kassai sur le rechargement, plus exigeant sur la vitesse d’exécution. La position de départ est codifiée, bras extérieur tendu parallèle au sol.
Le style polonais, ou l’école du terrain
Le format le plus long : une piste pouvant atteindre 250 mètres sur 4 mètres de large, avec un tir tous les 30 mètres et trois passages — tir latéral, tir avant, tir arrière. Le tir aérien y est interdit.
Le règlement français : un hybride assumé
La FFE n’a pas repris tel quel un style existant. Le règlement français combine des éléments hongrois et coréens, avec deux spécificités notables :
- des passages au pas jusqu’au niveau Club 1, ce qui ouvre la discipline à des cavaliers qui ne galopent pas encore en autonomie ;
- des pointes émoussées obligatoires, règle de sécurité liée à la présence de chevaux et de cavaliers à proximité des cibles.
Les trois tests de référence
En compétition fédérale comme en championnat international, le classement résulte du cumul de trois tests :
- l’imposé — l’épreuve en ligne ;
- la technique — cibles inclinées ou rotatives, souvent chronométrée chez les élites ;
- la chasse — un parcours en terrain varié.
La ligne de run
La piste fédérale mesure de 30 à 150 mètres sur 2 mètres de large, et peut être installée en manège, en carrière ou en pré. Les cibles sont toutes du même côté ; leur hauteur, leur taille, leur angle et leur distance varient selon l’épreuve.
L’épreuve de type Raid se dispute en 6 passages sur une piste de 90 mètres, avec une contrainte forte : toutes les flèches doivent être tirées du carquois une par une, et une seule flèche par cible — sinon le passage est ramené à zéro.
L’épreuve de chasse va de 80 mètres à 2 500 mètres selon le niveau, avec des sautants naturels et des difficultés techniques en situation de tir aux niveaux élevés.
Ce que nous n'avons pas pu vérifier
Le règlement du tir à l'arc à cheval a été entièrement réécrit pour 2025 ; les versions applicables sont celles de 2026, publiées en PDF sur le site fédéral (règlement général et règlement spécifique, chacun avec son rectificatif de début 2026). Ces documents sont volumineux et remis à jour en cours de saison. Les éléments chiffrés ci-dessus proviennent de pages fédérales en accès libre et de sites de clubs qui les reprennent, pas de la lecture directe du règlement : ils peuvent avoir évolué avec la refonte. Avant d'engager une compétition, faites confirmer les cotes en vigueur par votre club. Le cadre officiel de la discipline est détaillé dans un guide dédié.
Les autres traditions
- Turc / ottoman — prise du pouce, arc très court, flèches fines. Le Qabaq, cible haute au sommet d’un mât visée en tir vertical, relève de cette tradition. Nous n’avons pas pu confirmer sa présence au règlement français.
- Mongol — arc composite recourbé, décoche du pouce, où le pouce sur la corde est verrouillé par l’index.
- Japonais — le yabusame est un tir rituel shinto au galop sur trois cibles, non pratiqué en compétition en France. Le Yoseikan Bajutsu, art martial équestre complet, existe en revanche bien en France : voir l’association de Nécy.
- Mogu — épreuve d’équipe où deux cavaliers poursuivent un ballon tracté et le touchent avec des flèches encrées.
Et à l’international ?
Deux instances structurent la compétition, sur des logiques différentes.
L’IHAA (International Horseback Archery Alliance) organise le format Horseback Archery Eventing en trois phases — Tower, Raid, Hunt — avec un système de grades portant à la fois sur l’archer et sur le cheval. Elle ne reconnaît qu’une seule organisation affiliée par pays : pour la France, c’est la FFE.
La WFEA (World Federation of Equestrian Archery) est fondée sur le système Kassai, avec quatre catégories : Kassai style, Thumb draw, Quiver load et Fast horse.
Attention à un faux ami
L'expression « Fédération Internationale d'Arc à Cheval » (FIAC) circule en français. Nos recherches n'ont trouvé aucune structure portant ce nom : il s'agit très probablement d'une traduction française de la WFEA. Ne la citez pas comme s'il s'agissait d'une fédération autonome.