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Arc·à·cheval Tir à l'arc à cheval

La France, championne du monde et introuvable en ligne

Publié le 22 juillet 2026

Titre mondial conservé en 2025, invaincue en Europe depuis 2019 : l'équipe de France domine sa discipline. Qui reste pourtant introuvable sur le web.

En septembre 2025, à Lewisburg dans le Tennessee, l’équipe de France a conservé son titre de championne du monde de tir à l’arc à cheval. Cinquante-six concurrents, vingt-trois nations. La France termine à 293,532 points, devant l’Indonésie (254,193) et la Pologne (242,093).

Ce n’était pas un accident de parcours.

Une domination installée

  • 2018 — vice-championne du monde en Hongrie
  • 2019 — championne d’Europe
  • 2022 — championne d’Europe, à domicile, au Domaine de Gauchoux en Haute-Vienne
  • 2023 — championne du monde, en Mongolie, avec cinq médailles individuelles
  • 2024 — troisième titre européen consécutif
  • 2025 — titre mondial conservé aux États-Unis

Soit, selon le sélectionneur national Alan Le Gall, une équipe numéro un mondiale depuis 2023 et invaincue aux championnats d’Europe depuis 2019.

Le titre 2025 s’est accompagné de résultats individuels chez les jeunes : l’or Juniors pour Chloé Simons, de la ferme équestre Hantayo, l’argent Juniors pour César Vassallucci, et le bronze Jeunes cavaliers pour Raphaël Malet, du centre équestre du Pays Beaumontois.

Le paradoxe

Un sport où la France domine mondialement devrait être facile à découvrir. Essayez.

La discipline est reconnue par la Fédération Française d’Équitation depuis 2014. Mais le moteur « Trouver un club » de la FFE ne propose aucun filtre par discipline : impossible d’y chercher un club de tir à l’arc à cheval. Les règlements de la discipline, eux, sont placés derrière une authentification et renvoient une erreur aux visiteurs non connectés.

Côté clubs, l’information vit essentiellement sur Facebook. L’académie de Gauchoux — qui accueille pourtant une épreuve du classement mondial — renvoie son propre calendrier vers une publication épinglée sur sa page. Contenu invisible pour les moteurs de recherche, et illisible pour quelqu’un qui découvre.

Résultat : la question la plus élémentaire — « où puis-je essayer ? » — n’a pas de réponse simple.

Un goulot d’étranglement bien identifié

La fédération ne l’ignore pas. En mars 2026, à l’issue de la formation annuelle des officiels au Parc équestre fédéral, seulement seize juges et chefs de piste avaient été formés pour toute la France, tous niveaux confondus. Le conseiller technique national Jaouad Boustani le formulait sans détour : il faut davantage d’officiels sur le territoire pour étendre l’offre de compétitions.

C’est un plafond de verre concret. Sans officiels, pas de compétitions régionales ; sans compétitions régionales, pas de vivier ; et le championnat régional d’Île-de-France, disputé en mai 2025 aux Écuries de Jouy, reste un événement rare plutôt qu’une routine.

La saison 2026

Le calendrier annoncé comporte six concours internationaux de référence, dont deux en France — en Haute-Vienne et dans les Yvelines. Le championnat de France amateur s’est tenu du 15 au 17 mai à Lamotte-Beuvron, dans le cadre du Grand Tournoi : c’est l’étape obligatoire pour espérer une sélection en équipe de France.

Restent à venir les World Nomad Games au Kirghizistan, du 31 août au 6 septembre, puis les championnats d’Europe à Can Vivet en Espagne, du 21 au 27 septembre. Voir le calendrier complet.

Une précision que nous n'avons pas pu établir

Une autre communication fédérale évoque une France vice-championne du monde lors d'une édition réunissant 105 cavaliers et 28 nations, avec une médaille de bronze pour Maxime Coca. Nous n'avons pas pu dater cette édition avec certitude, et nous nous gardons donc de la confondre avec le mondial 2025 de Lewisburg.